Prix · mis à jour le 3 août 2026

Comment calculer le prix de revient d'une prestation de service ?

Le prix de revient d'une prestation de service additionne tout ce qu'elle coûte réellement : le temps passé chez le client, le déplacement, les produits consommés, la part des charges fixes de l'activité, et le temps non facturé consacré à la préparation ou au suivi. On divise cette somme par le nombre d'heures facturables pour obtenir un coût horaire plancher, sous lequel chaque prestation vendue fait perdre de l'argent plutôt qu'en gagner.

Qu'est-ce que le prix de revient d'une prestation de service ?

Le prix de revient n'est pas le prix affiché au client. C'est le seuil en dessous duquel une prestation coûte plus qu'elle ne rapporte, une fois additionnés tous les frais réels qu'elle entraîne. Pour un service, ce calcul est plus difficile que pour un produit vendu en stock, parce qu'il faut reconstituer, poste par poste, ce que chaque heure vendue coûte vraiment, y compris ce qui ne se voit pas sur une facture : les trajets, les devis non signés, les échanges avec un client avant la mission.

Quels postes de coûts faut-il additionner ?

  • Le temps de la prestation elle-même, mesuré sur plusieurs missions comparables plutôt qu'estimé au jugé.
  • Le déplacement : trajet aller retour, carburant ou transport, usure du véhicule ou du matériel porté.
  • Les produits et matières consommés pendant la prestation, achetés spécifiquement pour ce client.
  • La part des charges fixes de l'activité, divisée par le nombre de prestations réalisées dans le mois.
  • Le temps non facturé : préparation, appels, messages, devis qui n'aboutissent pas, suivi après la mission.

Ces postes valent pour un coiffeur à domicile comme pour un consultant ou un technicien. Ce qui change d'un métier à l'autre, c'est leur poids relatif. L'erreur la plus fréquente consiste à ne compter que le temps de la prestation et à oublier les autres postes, ce qui fait apparaître un prix de revient artificiellement bas.

Pourquoi le temps non facturé pèse-t-il autant dans le calcul ?

Entre deux prestations payées, une partie du temps de travail ne se facture jamais : répondre à une demande qui ne se concrétise pas, préparer un devis, tenir ses comptes, relancer un paiement en retard. Ce temps existe, il coûte, mais il n'apparaît sur aucune facture. Si on l'ignore, on répartit tout le coût de l'activité sur les seules heures facturées, et le prix de revient obtenu est faux. La bonne méthode consiste à estimer, sur une semaine type, la part d'heures réellement facturées par rapport aux heures travaillées, puis à répartir les charges sur ce volume réel.

La formule à retenir Prix de revient horaire = ensemble des charges du mois, temps non facturé compris, divisé par le nombre d'heures réellement facturées sur la même période. Ce résultat est un plancher, pas un prix de vente.

Comment transformer le prix de revient en prix de vente ?

Une fois le prix de revient connu, le prix de vente s'obtient en y ajoutant une marge. Cette marge dépend de ce que le marché accepte de payer pour ce service et de la rareté de la compétence. Un prix de vente collé au prix de revient ne laisse rien pour les imprévus ou les périodes creuses. Comparer son prix de revient à celui que pratiquent des confrères sur le même service, dans la même ville, aide à vérifier que le calcul est cohérent. Ce calcul se refait régulièrement : un loyer qui change ou un nombre de prestations qui baisse déplace le prix de revient sans que l'entrepreneur s'en rende toujours compte.

Quelles erreurs faussent le plus souvent ce calcul ?

  • Oublier le temps non facturé et ne compter que les heures passées devant le client.
  • Oublier le déplacement quand il n'est pas refacturé à part.
  • Garder les mêmes charges réparties après une baisse du nombre de prestations.
  • Confondre le prix de revient, qui est un plancher, avec le prix de vente, qui inclut une marge.
  • Ne jamais refaire le calcul après le lancement de l'activité.

Le calcul du prix de revient d'une prestation, poste par poste, et la question qui permet de remplir soi-même chaque case

Le prix de revient d'une prestation additionne le temps, le déplacement, les produits, les charges et le temps non facturé. Méthode et tableau à remplir.

Fais défiler le tableau vers la droite

Poste de coûtCe qu'il recouvreDonnée à récupérerCase à remplir
Temps de la prestationDurée réelle passée sur la tâcheChronométrage sur plusieurs missions comparablesNombre d'heures par prestation type
DéplacementTrajet, carburant ou transport, usure du véhiculeDistance et durée moyennes par interventionHeures et coût de trajet
Produits et matièresCe qui est acheté et consommé pendant la prestationTicket de caisse ou facture fournisseurCoût de matière par intervention
Charges fixes répartiesLoyer, assurance, téléphone, cotisations, divisés par le nombre de prestationsRelevé bancaire du moisPart fixe par prestation
Temps non facturéDevis, appels, préparation, trajets sans clientJournal d'activité sur une semaine typeHeures ajoutées au total facturable
Marge viséeCe qui doit rester une fois le prix de revient couvertChoix de l'entrepreneur, pas une donnée mesuréeMontant ajouté au prix de revient

Questions fréquentes

Le prix de revient est-il le même pour tous les clients ?

Non, il varie selon le déplacement, le temps passé et les produits utilisés. Un calcul moyen suffit pour un tarif standard, mais une prestation inhabituellement longue mérite un calcul séparé.

Faut-il inclure son propre salaire dans le prix de revient ?

Oui, le temps de travail de l'entrepreneur a un coût réel même sans salaire versé au sens classique. Ne pas le compter revient à travailler gratuitement sans le savoir.

Comment estimer le temps non facturé sans le suivre pendant des mois ?

Une semaine type, notée heure par heure sur un carnet simple, donne déjà un ordre de grandeur utilisable. Le chiffre reste approximatif, mais il vaut mieux qu'une absence totale d'estimation.

Le prix de revient change-t-il selon le nombre de clients ?

Oui, parce que les charges fixes se répartissent sur un nombre de prestations plus ou moins grand. Avec moins de clients, chaque prestation absorbe une part plus lourde de ces charges, et le prix de revient monte.

Peut-on vendre durablement sous son prix de revient ?

Vendre ponctuellement sous le prix de revient, pour tester une offre, reste une décision possible à court terme. Le faire durablement épuise la trésorerie et finit par rendre l'activité impossible à poursuivre.

Le prix de revient suffit-il pour fixer un prix de vente ?

Non, il fixe seulement le plancher à ne pas descendre. Le prix de vente final tient aussi compte de ce que les clients du secteur acceptent de payer et de la concurrence locale.

Faut-il refaire ce calcul pour chaque nouveau service proposé ?

Oui, chaque service a ses propres postes de coût, en particulier le temps de prestation et les produits consommés. Reprendre le même prix de revient pour un autre service, sans recalculer, conduit souvent à sous-évaluer une prestation plus longue.

Comment vérifier que le calcul est juste après quelques mois d'activité ?

Comparer les charges réellement payées au montant estimé au départ révèle vite les écarts. Si le prix de revient calculé au lancement s'éloigne de la réalité des comptes, c'est le signal qu'il faut reprendre chaque poste.

Sources et guichets officiels

  • CNSS : le détail des cotisations sociales à intégrer dans les charges d'un indépendant
  • Direction générale des impôts : les obligations fiscales qui pèsent sur une activité de service
  • OMPIC : les démarches d'immatriculation qui conditionnent le statut de l'activité